“Antisocialites”, l’album merveilleux d’Alvvays

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Hey Hey Archie, où es-tu ? Trois ans après la sortie de son brillant premier album éponyme, Alvvays revient et signe “Antisocialites”, une pépite indie pop comme on aime.

Alvvays sort ce 8 septembre “Antisocialites”, son second album pop de dix titres qui paraît chez Polyvinyl Record et Pias. Le groupe de Toronto n’a pas perdu son identité rêveuse mais sert cette fois-ci des chansons à la fois légères et graves. Relations amoureuses, désespoir et perte de l’être aimé sont abordés de manière subtile dans cet album plein de poésie.

L’écriture de l’album s’est effectuée sur l’île de Toronto, dans une salle de classe abandonnée. La chanteuse Molly Rankin s’était adonnée à son petit rituel. “Chaque matin, j’écoutais mes disques préférés sur la plage, puis j’écrivais des mélodies et j’enregistrais les démos dans la salle de classe”. La suite de la composition s’est faite à Los Angeles, en compagnie du claviériste Kerri MacLellan, du bassiste Brian Murphy et du guitariste Alec O’Hanley.

Le premier single qu’a pu partager le groupe cette année, “In Undertow”, fait l’ouverture de l’album. Il est de loin l’un des meilleurs titres de ce disque. Tout de suite, la chanteuse Molly Rankin annonce la couleur. Certes, c’est une chanson de rupture et la chanteuse a de l’empathie, mais celle-ci n’est pas bête pour autant. “Il n’y aura pas de retour en arrière après ce qui a pu être dit”, répète-t-elle dans le refrain, de sa voix angélique et pleureuse.

“Dreams Tonite” entonne ses premières notes. On a l’impression de faire un voyage dans le temps, vers les années 70. Dans une chambre au papier peint jaune et orangé, on verrait bien une jeune femme à frange écoutait sagement son vinyle. Les nappes de synthétiseurs créent une ambiance mélancolique. Une nouvelle fois, c’est une histoire de rupture que chante Molly Rankin. Le morceau interroge sur l’amour et les attentions dans un couple, avant que celui-ci ne soit brisé. “Si je te croise dans la rue, vais-je rêver de toi ce soir ?” s’interroge-t-elle, songeuse.

Plimsoll Punks” prend un tournant plus énergique et donne immédiatement envie de danser avec son style surf assumé. Ses premières notes de guitare s’annoncent heureuses alors que les paroles sont cafardeuses. “J’arrive à peine à respirer”, s’énerve la chanteuse, dans ce morceau enchanteur. “Tu es le caillou dans ma chaussure qui me coupe le talon”.

S’ensuit “Your Type”, un titre garage de deux minutes qui fait immédiatement taper du pied grâce à sa batterie nerveuse. “Je savais que je ne serais jamais ton type”, admet Rankin. Tel un règlement de compte, le groupe a savamment choisi ses mots pour décrire l’écoeurement que provoque une relation qui tourne mal. Dans cette histoire, le personnage parcourt Paris et passe par le Louvre.

Pour répondre à cette rupture, “Not My Baby” souffle sa délivrance et son envie de liberté. “Maintenant que je ne suis plus ton bébé, je peux aller faire ce que je veux”. Le slow construit son chemin sinueux vers l’aveux de sentiments douloureux. Son ambiance dream pop ne peut que laisser songeur. Ses paroles et ses instruments évoquent un instant de méditation où l’évasion est roi, après une rupture difficile.

Puis s’enchaînent deux chansons rock, dansantes et heureuses, “Hey” et “Lollipop (Ode to Jim)”, qui font du bien au moral. On adore la guitare solaire dans “Lollipop”. Ce titre délirant parle de Jim Reid, le chanteur du groupe Jesus and Mary Chain. Les Canadiens avaient rejoint le mythique groupe sur scène lors d’un festival en Australie en 2016.

Si Alvvays sait nous charmer avec sa pop joyeuse, le groupe de Toronto compose également des douces balades voluptueuses, à l’image de “Already Gone” et sa guitare mélodieuse. La voix de Molly Rankin ne peut que nous bercer. On est cependant moins fan de “Saved By a Waif”, bien que les riffs de guitare et le clavier se marient bien. On croirait écouter la BO d’un film pour ados des années 2000. Le disque se clôt sur “Forget about Life”, un titre rétro qui, grâce à ses magnifiques synthétiseurs, rend le morceau céleste.

Depuis la sortie de son premier album éponyme, Alvvays a rencontré un certain succès, notamment auprès du public anglophone. Le quatuor a joué dans les plus grands festivals, de Glastonburry à Coachella. Le 11 septembre, Alvvays se produira sur la scène du Point Ephémère, à Paris. On s’y voit là-bas ?

Lilas-Apollonia Fournier

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