« Endless », l’album électro-classique planant de Tale Of Us

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Tale Of Us a sorti « Endless », son premier album le 31 mars dernier via le label de musique classique Deutsche Grammophon. Les fans ont été surpris par cette nouvelle. Le duo italien de la scène berlinoise, originellement connu pour ses productions techno, délaisse ses musiques de club pour un nouveau projet.

« Endless » se veut le reflet de musiques de films et de classique. Matteo Milleri et Carmine Conte ont concentré dix morceaux pour présenter un genre « ambiant » et « néo classique ». Presque une évidence pour le duo qui a grandi entouré de musique classique et dont le genre occupe « une place importante dans leur vie ». Les membres révèlent notamment être fan du compositeur de musique Max Richter, produit également par le label.

Un album cosmique

Ne pas perdre ses fans tout en conquérant un autre public, c’est l’objectif des Italiens. Ils travaillent des longs formats en proposant des morceaux qui s’étendent parfois jusqu’à 11 minutes. Tale Of Us est clairement en phase avec une période de découvertes de nouvelles textures sonores. Le duo avait partagé en 2015 « Distante » sur Internet, également disponible aujourd’hui dans l’opus. Une façon de prévenir son public d’un revirement de projets.

« Endless » s’ouvre sur « Definizione Dell Impossibile » marqué par un beat au xylophone très lent. Si lent et introspectif qu’on aurait presque l’impression d’explorer les fonds marins avec cette mélodie en background. Dans le morceau « Alla Sera », les instruments à cordes prennent plus d’espace. Une ambiance sombre et inquiétante se dégage.

Puis suit « Ricordi » et son piano mélancolique et répétitif. Une mélodie pure s’échappe et envoûte son auditoire. Le titre collerait parfaitement à la bande-originale d’un film dramatique indépendant. « Oltre La Vita » est à l’image de l’album. Quelque chose de sombre se prépare. Une ligne de piano vient alléger l’atmosphère et donne l’impression d’être en apesanteur.

Avec « Dilemma », on a enfin la montée qu’on espérait – avec un clavier toujours cyclique et surtout, des basses bien plus présentes – tout comme le titre vif « Notte Senza Fine ». « Venatori » paraît plus subtil avec un ajout progressif de notes électroniques. Le disque se clôt avec la résonnante « Quello Che Resta » qui explore avec finesse une nouvelle galaxie lointaine.

Une lenteur assumée

Certes, l’album est loin des morceaux techno house dont le duo nous avait habitués mais il est réussi. Il est courageux de la part de ces producteurs de s’être lancé dans un projet différent qui s’écoute avec attention et plaisir.

« Endless » se joue partout : au réveil, une tasse de café à la main ; lors d’une ballade à vélo au bord de mer, écouteurs vissés aux oreilles ou bien allongé sous un ciel étoilé (oui oui je tombe dans le cliché mais cet album est planant, je vous dis). Seul bémol, à vouloir faire un disque « ambiant », on bascule vite dans la longueur. Répétition et lenteur ne font pas toujours bon ménage.

Les Italiens viendront plusieurs fois en France cet été pour présenter ce premier album. Ils joueront notamment le 23 juin à Solidays, le 30 à Garorock et le 20 août à la Route du Rock.

Lilas-Apollonia FOURNIER

 

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