Live-report : Paris International Festival of Psychedelic Music 2016

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Les 18 et 19 juin derniers, je me suis rendue à la ferme du Buisson, à Noisiel, tout près de Paris, pour le Paris International Festival of Psychedelic Music. Pour sa troisième édition, le festival proposait tout le week-end une très belle programmation avec du rock et de la pop psychédélique seventies, du garage nineties ou encore des musiques électroniques savoureuses qui obligeaient le public à danser avec fureur. Cette line-up pointue m’a beaucoup charmée et je dois dire que très peu de groupes n’ont pas attiré mon attention lors de leur passage sur scène, peut-être parce que les groupes choisis ont su proposer des lives maîtrisés aux compositions alléchantes. Reportage en terre psyché…

Ce week-end-là, le temps est mitigé, faisant des siennes le samedi avec des averses et rayons de soleil. Le dimanche, le climat est agréable mais il semble que moins de festivaliers soient au rendez-vous, malgré des groupes excellents. La ferme du Buisson propose deux scènes, une petite en intérieur et une grande en extérieur. En plus des douze groupes programmés, il est possible d’assister à des projections de films, de se restaurer auprès des quelques foodtrucks installés, d’acheter le vinyle d’un des artistes présents au festival ou encore, de faire des photos entre amis dans un photomaton. Un bus Redbull est installé pour assurer des DJ sets le temps des changements de scène. Les festivaliers circulent entre les stands et les scènes et rivalisent d’originalité quant à leurs choix vestimentaires.

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Le samedi, le premier groupe à se produire n’est autre que Heimat, duo français surprenant front wave aux synthés hypnotiques. Les rythmiques sont bonnes et la musique, particulière et expérimentale, fait danser les premiers rangs. Imposante et captivante, Armelle fait la force de ce duo. Les chants en allemand, la musique parfois inspirée de l’opéra ou des musiques du monde, on est dans un mélange des genres qui nous fait changer d’avis chaque seconde. Est-ce du rock électronique, du punk ou encore de l’expérimental ? On ne saurait dire et c’est peut-être ça le secret des bonnes compos que l’on retrouve dans le premier album éponyme du groupe et sur scène.

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S’ensuit Pauw, groupe hollandais sur la grande scène. Ce superbe band pop-rock seventies compose des chansons riches et vivantes qui donnent envie de danser. Flute et clavier se marient parfaitement. Les musiciens débarquent sur scène avec un style pointu tout droit sorti des années 70 avec leurs pantalons pattes d’eph, vestes en jeans et broderies. On saute de joie à l’écoute du single « Shambhala », qu’ils jouent majestueusement. « Visions » est quant à lui doux et envoûtant avec son vieux clavier et son refrain accrocheur. Le premier album du groupe, « Macrocosm Microcosm », qu’ils interprètent avec plaisir, colle parfaitement avec l’esprit du festival. De ce groupe, on retient surtout le batteur, excellent, qui fait toute la différence.

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A 18h45, je fonce voir Cannery Terror. Après avoir écouté les chansons « Cheese » et « Cocksuker » sur le web, que j’avais trouvé drôles et excellentes, je veux vérifier le potentiel de ce groupe français et je ne suis pas déçue. Composé de six membres ce jour-là, le groupe est fou et génial. Charismatique et chaussée de plateformes signées « Spice Girls », la chanteuse gigote dans tous les sens, interagit avec le public et fait des blagues. Le tout crée une bonne formation et, qui plus est, intéressante. Il est impossible de ne pas danser quand on voit l’énergie que déploient les Français.

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Vers 20h, le groupe rock Psychic Ills monte sur la scène extérieure « Auvent ». Pour les pogos, on repassera. Très calmes, les Américains jouent des ballades et présentent leur dernier album « Inner Journey Out », sorti le 3 juin dernier. On adore leur interprétation de la magnifique et ensoleillée « Another change ». Peu de sourires ou d’interactions avec le public, les membres dégagent tout de même un charme sans équivoque, très certainement dû à leurs looks soignés. Tandis que le chanteur est vêtu de blanc de la tête aux pieds, la bassiste Elizabeth choisit de se parer d’une cape noire fluide. Son regard froid, son beau visage fin et son teint pâle la rendent attractive et on ne peut nier sa forte ressemblance avec l’actrice française Eva Green.

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On change ensuite de scène pour aller voir Nova Materia. Surprise totale et coup de cœur immédiat. Le duo franco-chilien change la donne en proposant des sonorités très dansantes, entre la techno et la coldwave. On adore ses rythmiques folles et électroniques qui nous arrachent en quelques secondes des pas de danse. Leur musique est à la fois froide et envoûtante mais toujours dansante comme le morceau « Bell Phantom ». Les membres s’amusent sur scène, sourient et ne perdent pas leur dynamisme, jouant à la fois de la boîte à rythmes, des percussions, du clavier ou des pédales d’effets. Une telle énergie fait du bien.

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Le premier jour du Psychedelic Music Festival se termine avec Temples, que tout le monde attendait. Le groupe ne communique pas vraiment avec le public mais celui-ci semble davantage absorbé par leurs magnifiques compositions. Les Anglais ouvrent leur live avec « Colors to life » et proposent des chansons de leurs premier et second albums. Les lumières rendent le show tout particulier, à la fois calme et mystérieux. Ils terminent leur concert par le meilleur morceau de leur répertoire, « Shelter Song », que tout le public reprend avec joie. Un homme éméché vient gâcher la fête en insultant et jetant une bière sur le groupe. Les Temples terminent leur chanson et quittent la scène précipitamment. Dommage.

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Le dimanche, j’entame le festival avec le live d’Ulrika Spacek qui se produit sur la scène « Auvent ». Il est 16h30 et peu de monde est présent pour leur concert. J’avais eu des bons échos de ce groupe et je suis curieuse de le découvrir sur scène. C’est franchement pas mal mais ça ne me captive pas. Le groupe anglais a sorti son premier disque « The Album Paranoia » en février dernier qu’il interprète au Psyche Fest. Les chansons qu’il propose sont à la fois délicates et lo-fi mais surtout, comme on l’attendait, psychédéliques. Yeux fermés, on se délecte de la chanson « I don’t know » qui nous fait danser de façon tremblante en ce bel après-midi. On apprécie également l’interprétation du morceau sauvage « Beta Male » avec ses guitares incisives.

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On part ensuite voir Tomorrows Tulips. Avec leur look très anglais, le trio venu des Pays-Bas a de l’énergie à revendre. Leur live est composé majoritairement de ballades et est marqué par de sublimes projections et lumières qui rendent la scène fantastique. Ambiance étoilée ou léopard ? La scène intérieure se transforme en rêve coloré. Tomorrows Tulips interprète la belle et lente « Flowers on the wall » qu’on imaginerait bien écouter un lendemain de soirée difficile, ainsi que « Mr. Sun ». La Californie et le soleil ne sont jamais bien loin. Pour terminer son show, le chanteur balance sa guitare par terre, quitte la scène et laisse son instrument saturer de longues minutes. On trouve ça rock, fun voire arrogant au départ mais on se lasse vite de cette saturation qui monte à la tête.

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Je fais ensuite une pause avec mes amis sur l’herbe, le temps de faire des photos, de découvrir les stands et de manger un bout.

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La fête continue avec l’excellent groupe texan Night Beats. C’est une révélation. Surexcité, le public saute, se pousse et les premiers rangs se transforment rapidement en pogos. On sent que le trio est heureux d’être à Paris, les membres s’échangeant régulièrement des sourires. Ils enchaînent leurs morceaux à une allure folle. Chaque musicien a son importance et, surtout, son talent. Chapeau et bottes de cowboys, on ne peut nier le pur style du groupe. Au Psyche Fest, ils jouent les morceaux de leur troisième album « Who sold my generation » dont la fameuse « No Cops » qui parle de l’injustice américaine face aux policiers puissants et violents. Tout en jouant ses morceaux effrénés, le groupe danse sur scène et le public ne tarde pas à faire de même. On entre en transe à l’écoute de « Power Child », titre brillant au rythme exaltant et psychédélique, ponctué d’un beau solo de guitare qui nous fait voyager dans le passé. C’est magnifique, probablement le meilleur live de l’édition 2016 du festival.

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Le festival se clôt avec le concert aérien de Jacco Gardner. C’est doux et grandiose, c’est sûrement ce dont on avait besoin pour terminer cette chouette édition. Le groupe hollandais me rappelle ce qu’on trouve de beau dans la pop anglaise, à la fois délicate et sophistiquée. Comment ne pas tomber sous le charme de la sublime chanson « Clear the air », qui semble avoir été produite à l’époque de nos parents ? Lorsque le groupe l’interprète ce soir-là, on ne peut résister à l’envie de se trémousser. Le plus bel hommage à ce festival psychédélique restera le moment où Jacco Gardner interprète « Find Yourself », titre enchanté issu de l’album « Hypnophobia » qu’on aime passionnément.

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Tous ces beaux concerts resteront gravés longtemps dans ma mémoire. On se donne rendez-vous l’année prochaine, pour la quatrième édition du Paris International Festival of Psychedelic Music ?

Photos et article : Lilas-Apollonia Fournier

 

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