« Moi, Daniel Blake », un film bouleversant d’humanité

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Avec son film coup de poing sur les oubliés de l’Angleterre, « la classe ouvrière » comme lui seul aime désormais les appeler, Ken Loach signe un drame social criant de vérité. « Moi, Daniel Blake » a gagné la palme d’or au festival de Cannes cette année et c’est amplement mérité…

Sorti en France le 26 octobre dernier, « Moi, Daniel Blake » est composé de personnages victimes du système et des politiques. A 80 ans, le réalisateur britanique Ken Loach est toujours en colère et délivre un message humaniste bouleversant. Celui qui avait gagné une première palme d’or à Cannes en 2006 pour son film « Le vent se lève » rafle une nouvelle fois le prix tant convoité.

Ken Loach choisit Dave Johns et Hayley Squires pour jouer des personnages principaux touchants et attachants. Survivre, c’est le combat que mènent Daniel Blake et Katie, les deux personnages qui luttent pour rester dignes et garder leurs droits. Les péripéties s’enchaînent dramatiquement. Le spectateur à l’impression de se prendre une gifle à chaque nouvel épisode tant les personnages s’enfoncent dans la misère. Daniel Blake, déclaré par la médecine inapte à travailler, se voit humilié par le Pôle Emploi britannique qui refuse de lui verser ses indemnités sociales. Courageux, le vieil homme de Newcastle tente de tenir bon face à une administration vicieuse, tout en aidant Katie, une jeune mère de famille à la dérive.

Il n’est pas seulement question des politiques de prestations sociales. Ce que Ken Loach montre avec brio, c’est la lutte pour ne pas crever de faim. La banque alimentaire, la prostitution, les logements miteux, le réalisateur embarque le spectateur dans un monde de misère, d’humiliation et d’exclusion où l’entraide fait toute la différence. Loin d’un blockbuster, le Britannique offre une œuvre d’art sublime, poignante et révoltante.

Lilas-Apollonia Fournier

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