Tribulations parisiennes #1

Jeff Koons, Made in heaven, 1989

Jeff Koons, Made in heaven, 1989

Lilas en 2006 : « Maman, elles sont où les collines ? ». « C’est griiiiis ici ».

Dans le métro, la misère. Des gens allongés partout où ils peuvent sous des vieilles couvertures sales, dans un métro sale et gris, dans des couloirs gris et sales. Les pubs déchirées couvrent les murs des couloirs. Des gens mutilés, handicapés, étrangers, français, jeunes, vieux. Des gens qui tendent la main. Des gens qui n’osent plus lever la tête. Des gens qui prennent la parole dans le métro pour dire qu’ils dormiront une nouvelle fois dehors ce soir. Des musiciens qui jouent des vieilles musiques françaises, à la recherche d’une pièce et d’un sourire.

Je toque paniquée, à 23h, à la porte du voisin de 70 balais pour qu’il me sauve de la souris qui vit dans ma cuisine.

Les Parisiens lisent plus que les Toulonnais et les Niçois. Sans doute parce que dans le métro, Internet ne fonctionne pas.

Je rencontre Jean-Charles de Castelbajac à un vernissage réservé à la presse au Palais de Tokyo. Je prends mon courage à deux mains pour l’interviewer.

Nocturne gratuite de Jeff Koons pour les moins de 26 ans. Observe des faux ballons et bouées en acier ou aluminium et me dis que c’est impossible que cela ne soit pas du plastique. « Le moulage pour le faux fémur de ma mère est mieux fait que ce qu’a fait Jeff Koons avec ses statues antiques », nous dit la surveillante d’une salle du Pompidou.

Je croise un mec célèbre au bureau et pense que c’est un nouveau stagiaire.

J’écoute « I can’t get no » à 22h30 pour oublier la souris.

Au milieu de l’exposition Tatoueurs tatoués au Quai Branly, des phallus en bois. A l’époque où ils ont été conçus, cela apportait un grand pouvoir de séduction à l’homme qui en possédait un. Me dis que mon pouvoir de séduction se décuplerait si j’en accrochais un à mon jeans. Sauf que la séduction s’évaporerait au moment où le mec se rendrait compte de ce que je possède.

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